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Retour en ville

7 Octobre 2016, 09:43am

Publié par Médiathèque Jules Verne

C'était la proposition du premier atelier d'écriture de rentrée , animé par Isabelle Montandon.

Auparavant , détour par une liste d'expressions horripilantes , dans laquelle puiser pour en truffer le texte en question. En voici quelques résultats.

RETOUR EN VILLE

A.J.D moi je dis, ni quoi ni qu'est-ce : je sors de ma zone de confort et en voiture Simone voili voilou…. Adieu les p'tits zozios j'vais manger du macadam, retrouver le tumulte de la ville, ses lumières, ses rues colorées, ses parcs ses murs tagués équétéra équétéra…. Vivivivi, me donner un petit air patin couffin car y'a pas photo, six mois en pleine campagne j'commençais à avoir un blême à ne respirer que de l'air pur !!!

C'est pas faux, j'dis ça, j'dis rien mais se retrouver au coeur d'une ville genre Sainté, ça déchire plus à 20 ans que les chemins creux de Saint-Julien-Molin-Mollette !!

Mort de rire que je suis, comme au spectacle dans la grand'rue dans toute cette agitation, cette vie qui court et fait du bruit : impacté comme un poisson dans l'eau, ah là là, comment ça va bien.

Imagine-toi grand-mère... Tu sais, grand-mère qui habite ce trou perdu au fin fond de la campagne. Elle a atterri là-bas par son mariage avec Michel, l'abruti qui met toujours un « patin couffin » dans ces phrases. Et bien, elle revient en ville, celle-là même où elle est née et où elle a vécu jusqu'à 15 ans.

Nous avons donc pris le tram ensemble jeudi pour rentrer. Voilà... nous sommes donc dans le tram... On discute... Enfin surtout moi, elle, elle regarde, elle écoute les gens autour. Tu vois ce que je veux dire... Donc voilà … Moi, je crois qu'elle m'écoute mais en fait, elle semble beaucoup plus intéressée par ce qui se passe dans le tram. Tu seras d'accord avec moi que c'est plutôt énervant. Mais bon c'est comme ça...

Donc voilà, on descend du tram... Mais arrête de faire « vi vi vi » ... Tu m'écoutes ? Donc on descend et voilà qu'elle me dit : « Qu'est-ce qu'ils ont tous ces gens dans le tram ? Ils ne se saluent pas, ne se parlent pas, ils ne se connaissent pas alors ? Mais quelle horreur ! »

Que voulais-tu que je réponde ? Au départ je pensais à une plaisanterie mais elle, elle semblait très sérieuse et perturbée. Seulement voilà dans son village, je sais qu'ils se connaissent tous et pour avoir pris le car avec elle, je peux t'assurer que c'est le bazar surtout les jours de marché. Je ne sais pas si elle va s'adapter à la vie citadine. Je dis ça mais j'en sais rien... Seulement voilà, je me pose des questions sur son état mental...

A la base, ce que je voulais, c'était aller en ville quoi, faut-dire, ça faisait au moins , allez, deux mois que , disons, je végétais dans ma petite maison dans la prairie,à attendre machin et sa famille qui se faisaient , on peut le dire comme ça, espérer.

Ce serait pas faute de penser que quelque part , c'était moi qui kiffait la solitude , genre « Walden ou la vie dans les bois » si vous voyez de quoi je parle, mais là, je tenais plus, je commençais à être grave impactée par le silence et par l'absence de conversation.

Il fallait bien que je regarde la réalité en face , j'étais incapable de rester longtemps entre moi et moi . Je commençais à déprimer grave de chez grave.

Et donc, en voiture Simone, ni une ni deux, me voilà partie pour Saint Etienne, histoire de me nettoyer le ciboulot du top plein de entre guillemets néoruralité.

Je kiffe pas trop le lèche-vitrine, en vrai , mais j'avais trop pas envie d'une énième journée de jardinage et de boulange maison, alors , vous serez d'accord avec moi, quand faut y aller, faut y aller.

Sortir de ma zone de confort, me mettre en danger, aller vers l'autre , être ouverte aux possibles, c'était ça mon programme.

Au début, j'ai trouvé ça top de ma balader : y a pas photo, un peu de frivolité , ça mange pas de pain. Et puis, très vite , comme qui dirait, une petite heure, comme d'hab , y a eu un blême, le dégoût habituel et le besoin irrépressible de regagner mes pénates, genre si je suis pas chez moi tout de suite , je mettrai trois jours à me refaire un karma potable, entre guillemets.

Wouah ! c’est juste trop génial d’être rentrée en ville ! Comment ça va bien depuis mon retour, c’est grave une renaissance quasi !

Tu vois c’que j’veux dire, une semaine en camping ça, mais deux bonjour les dégâts !

J’peux te dire qu’après deux semaines le cul dans l’herbe à entendre crisser les cigales et à regarder bailler les corneilles, j’étais grave sortie de ma zone de confort , là ! Tout à fait !

Parce que le camping tu vois ça va 5 minutes, entre les voisins de gauche qui écoutent la radio, débile, genre à n’importe quelle heure, et ceux (les voisins) de droite qui s’parfument au merguez du matin au soir, faut pas pousser mémé dans les orties, c’est même carrément relou !

Alors tu vois ni une ni deux moi personnellement j’ai dit à Roger, là ça trop, ça devient nul de chez nul, on déplante la tente, en voiture Simone et on r’tourne en ville !

Parce que les vacances, tu s’ras d’accord avec moi, à la base c’est pour se faire plaisir, non, tu ne crois pas, en fin de compte !

Moi, en vrai, c’que j’kiffe grave c’est le bruit des voitures sur le bitume et les odeurs de la rue. La foule qui s’bouscule sur les trottoirs et les tramways en retard, franchement c’est trop d’la balle quoi !

Moi, personnellement, le lundi au soleil, ça me stresse, du coup, moi j’pars pas comme ça même pas besoin de rentrer ! Mais j’dis ça j’dis rien !

Et aussi

Il me manque déjà. Et pas qu'un peu.A la base, c'était un copain d'école, genre tu te côtoies avant le stress, tu vois?Quand t'as rien à gérer, que t'es comme qui dirait un mioche, un niston, un nain, quoi. On s'est pas méfié quand l'autre s'est pointé. Il a promis une récompense si on suivait son stage à la con.Trop d'la balle, on s'est dit avec mon pote ; C'est top. On y va . Mais voilà ,mon copain après trois jours à s'entendre dire   sortez de votre zone de confort, prenez des mots dans le dictionnaire, ils sont à vous, allez-y !  ben pour sortir il est sorti, on comprend plus rien à c'qu'il dit.Il te regarde et on dirait la radio quand on cherche et qu'on entend des voix qui balancent des mots ou alors les profs quand ils se mettent à parler tout seul j'en avais un comme ça on était plutôt plus calmes quand ça lui prenait . Mais là c'est pas pareil, on m'a pris mon pote. Enfin je dis ça je dis rien. Oui c'est ça, je dis rien. Rien.

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